Histoire de la médecine (1914-1928)

LA GRANDE GUERRE

En 1914, l’Allemagne utilise l’assassinat de l’archiduc d’Autriche, François Ferdinand, et de son épouse par un nationaliste serbe comme prétexte pour déclarer la guerre à la Russie. Et en quelques jours, le jeu des alliances plonge presque toute l’Europe dans ce qui sera la Première Guerre mondiale.

Nous sommes le 21 février 1916, c’est le début de la bataille de Verdun. Cet épisode sera le plus sanglant du conflit. Dans les tranchées, 300 000 soldats des deux camps trouveront la mort, 400 000 seront blessés.

Pour faire face à cet afflux de victimes, les services de santé des armées ont dû s’adapter, dans l’urgence. La réparation de ce que l’on appelait les "gueules cassées", la psychiatrie ou encore les "petites curies", ces ambulances radiologiques inventées par Marie Curie, comptent parmi les grandes avancées qui naîtront de la guerre de 1914-1918.

DES BLESSURES PHYSIQUES ET PSYCHOLOGIQUES

La chirurgie connaît d’importants progrès durant cette période. La Première Guerre mondiale a été particulièrement dévastatrice. Sur 8 millions de mobilisés, il y a eu 1 million et demi de morts et près de 300 000 mutilés, parmi lesquels 10 000 à 14 000 grands blessés de la face, auxquels a depuis été attribué le nom de "gueules cassées", un terme qui témoigne en filigrane des séquelles graves occasionnées non seulement sur le plan physique mais aussi psychique.

Ces blessures sont la conséquence directe de la guerre de position. En effet, dans les tranchées, la tête était la partie la plus exposée aux projectiles au cours des bombardements , elle était souvent même la seule vulnérable, justement parce qu’elle dépassait et était la cible des tireurs du camp adverse.

Avec le développement d’un nouveau type d’armements, en particulier l’utilisation plus importante de grenades, qui éclatent en se divisant en une multitude de fragments, et surtout de redoutables balles dum-dum, on assiste à des délabrements importants de la face (menton, nez, oeil…).

Ces blessures sont d’autant plus impressionnantes que certains projectiles, comme les fameuxSchrapnels, sont responsables de minuscules orifices d’entrée mais une fois dans la chair, entraînent des délabrements importants avec de volumineux orifice de sortie.

LES PROGRÈS DE LA CHIRURGIE

Comment redonner forme humaine à ces visages défigurés ? Tel est le dilemme que vont se poser les chirurgiens d’alors, qui seront aidés, bien sûr, par les infirmières, les prothésistes et même les artistes, mis à contribution pour fabriquer des masques destinés à permettre la réalisation de prothèses.

Ils réalisent, quand c’est possible, des interventions de restauration cervico-faciales particulièrement audacieuses avec des lambeaux et des greffes. Mais parfois, ils sont amenés à proposer le port de prothèses. Le célèbre professeur Albéric Pont, à Lyon, a ainsi mis au point des prothèses de nez, d’oreille, ou "oreille artificielle", mais aussi de mâchoires. La devise qui illustre le mieux le défi de ces médecins est celle qu’adoptent les chirurgiens américains : The right to look human ou "le droit d’avoir une apparence humaine".

Les grandes figures de la chirurgie plastique de l’armée américaine, comme Varaztad Hovhaness Kazarijian, Ferris Smith et Vilray Blair, avaient pris conscience du rôle important de leur discipline dans la restauration des traits du visage des "gueules cassées" afin qu’ils puissent à nouveau avoir des relations sociales. Ils décident ensuite de reconvertir leur savoir-faire sur des personnes qui n’oent pas connu les affres de la guerre, à savoir les femmes, et vont donc se lancer dans des interventions de chirurgie esthétiques extrêmement audacieuses et innovantes. C’est le début des rhinoplasties, des réductions mammaires et des plasties abdominales.

Si la Première Guerre mondiale a permis aux médecins et aux chirurgiens d’explorer de nouvelles techniques pour venir en aide aux victimes, elle a aussi propulsé une autre profession médicale sur le devant de la scène : les infirmières.

LA PÉNICILLINE ET LE VACCIN CONTRE LA TUBERCULOSE

Entre 1904 et 1928, le biologiste Albert Calmette et le vétérinaire Camille Guérin mettent au point un vaccin contre la tuberculose. Ils le font à partir d’un bacille bovin, c’est la naissance du vaccin Bilié Calmette-Guérin (BCG).

Le 18 juillet 1921 a lieu la première vaccination, à la crèche de l’hôpital de la Charité, à Paris. La vaccination se développe ensuite, notamment dans les dispensaires, et la tuberculose n’est plus une maladie dont on meurt.

En 1928, on doit une autre découverte majeure au bactériologiste britannique Alexandre Fleming : la pénicilline ! Et dès les années 50, on remarque que les bactéries sont capables de résister aux antibiotiques, ce qui pousse les scientifiques à étudier le mécanisme de résistance. Ils découvrent alors, que les bactéries sont capables de produire des enzymes qui les protègent. Aujourd’hui, on sait aussi que les gènes des bactéries sont capables de s’adapter et d’évoluer.

Avec le médecin et historien Bruno Halioua.

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